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À 28 ans et après des expériences en Suisse et au Portugal, Chris Malonga revient en France. En Ligue 2, à Laval… et en toute humilité. Son discours s’accompagne de belles promesses.

On l’avait un peu perdu de vue. Exilé à l’étranger depuis 2010 (Lausanne Sports, Guimaraes), Chris Malonga a effectué son retour en France début août. Celui qui avait éclaté à Nancy en 2007-08 et signé des débuts convaincants en Ligue 1 (32 matches, 5 buts) a rejoint Laval et la Ligue 2 pour deux ans.

Un come-back dans l’Hexagone trois ans et demi après son dernier match, disputé avec l’AS Monaco, alors en L2. «J’ai eu cette opportunité de rallier la France avec un staff qui me voulait vraiment et m’a témoigné sa confiance, explique le milieu offensif, de sa voix calme et posée. Les dirigeants lavallois s’étaient déjà intéressés à moi l’été dernier, mais ça ne s’était pas fait car j’avais déjà donné mon accord à Lausanne. Cet été, ils sont revenus vers moi et j’ai eu le temps de discuter plusieurs fois avec l’entraîneur (Denis Zanko). J’ai pris contact également avec deux, trois amis qui ont connu Laval, un club sain qui arrive à assurer son maintien assez aisément chaque saison depuis plusieurs années. Ça s’est fait naturellement.»
Le joueur de 28 ans (1,83 m, 76 kg) refoule les terrains français à son grand enchantement : «Je suis ravi de revenir, et Laval est une bonne étape pour retrouver la France. Mais je n’avais pas quitté le pays en mauvais termes. J’avais été prêté par Monaco et entre-temps, il n’y avait pas eu d’autres possibilités pour rester en France. Ou du moins ceux qui s’étaient manifestés l’avaient fait trop tard. Alors, je suis parti. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de plaisir que je rentre». Un plaisir qui ne s’est pourtant jamais évaporé. «Je ne l’avais pas perdu, au contraire. À Lausanne (en 2012-13 puis 2014-15, 56 matches de Championnat, 13 buts), j’étais dans un club que je connaissais car j’y avais été prêté par Monaco la première fois. Même si la saison dernière s’est avérée compliquée, je n’ai jamais perdu cette notion de plaisir. Et au Portugal (à Guimaraes en 2013-14, 17 matches de Primeira Liga, 4 de Ligue Europa), c’était vraiment le top. Là, j’ai vraiment apprécié. Le Championnat, mes coéquipiers, l’atmosphère autour du club, les supporters… Je connaissais très peu le Championnat portugais et j’ai pu voir qu’il y avait de bons joueurs. C’est une compétition sous-médiatisée à mon sens. Ça m’a permis de m’ouvrir à d’autres horizons, d’apprendre une nouvelle langue. J’ai clairement mûri avec ces expériences. Je ne regrette rien, et si c’était à refaire, je le referais.»

«Beaucoup de joueurs sont passés par cette étape-là et ça ne me fait pas peur»

Voici donc le virevoltant gaucher de retour en Ligue 2, qu’il qualifie lui-même de «Ligue 1 bis». « Elle accueille des éléments de qualité. Je sais que beaucoup de joueurs ont emprunté le même parcours que le mien. Ça ne me fait pas peur, relève le joueur franco-congolais (18 sélections, 3 buts avec le Congo). À chacun son chemin, son timing et sa chance. J’essaie de m’occuper de moi-même et c’est déjà pas mal (rires). Je ne m’inspire pas d’exemples précis, mais je reste attaché à Nancy, mon club formateur, et je parle souvent avec Michaël Chrétien ainsi qu’avec Youssouf Hadji, qui sont «rentrés» en Ligue 2. «Yous» a fait une saison énorme l’année dernière et ça ne l’a pas empêché d’en faire une supplémentaire en L2, même si c’est Nancy. C’est le football…»Malonga retrouve les terrains français en toute modestie et se fixe l’objectif raisonnable «à moyen terme de rejouer, et d’être titulaire, déjà.» «Après, le reste viendra tout seul, finalement, ajoute-t-il. Si l’équipe est performante et si je suis performant, ce qui devra arriver arrivera. Ce serait présomptueux de dire que j’arrive ici pour repartir là-bas. Aujourd’hui, j’arrive en toute humilité, j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice. Et après… Seul Dieu sait ce qu’il se passera. Je viens d’avoir 28 ans (le 11 juillet), j’ai encore plusieurs années devant moi. J’entends dire que 27-28 ans c’est la force de l’âge… J’espère le prouver. Pour être honnête, si j’avais voulu m’exiler cet été dans des pays lointains et exotiques, j’aurais pu le faire, mais j’ai préféré signer à Laval. Chacun interprète ce choix comme il le veut, mais parfois il faut savoir reculer pour mieux sauter.» Et après, pourquoi ne pas «sauter» en L1, où il a déjà disputé 85 rencontres (10 réalisations) ? «L’avenir nous le dira, mais mon objectif est d’apporter quelque chose de plus et rendre la confiance que le club m’a témoignée en me faisant signer deux ans, et en étant vraiment derrière moi avant que je m’engage.» Le gaucher est loin d’être blasé et tient un discours rafraîchissant qui n’est pas si courant : «J’ai évidemment encore des rêves. Je fais du foot depuis tout petit. Certains le voient comme un métier, d’autres comme une passion. Pour moi, certes, c’est mon métier car c’est mon gagne-pain, mais c’est une vraie passion et ça l’a toujours été, même s’il y a eu des moments difficiles. À aucun moment, je n’ai douté de cette passion.»

Des débuts fracassants

Malonga s’est entretenu seul avant sa signature et a repris la compétition plus vite que prévu. «Le préparateur physique était surpris de me retrouver dans un tel état, ça fait plaisir. On sait que le travail fourni à côté n’a pas servi à rien», confie-t-il. D’autant plus encourageant qu’il a vécu avec Laval un début de saison ensoleillé. Après cinq journées, les Tango sont quatrièmes (trois victoires, un nul, une défaite) et restent sur cinq succès de rang entre L2 et Coupe de la Ligue (1er et 2e tour). «C’est un groupe qui se connaît bien et qui a vécu pas mal de choses ensemble depuis plusieurs années maintenant. Quelques nouveaux sont venus se greffer, dont je fais partie. On s’est simplement mis dans la roue du groupe. Il y a un beau mélange. L’amalgame a pris, maintenant il faut que ça dure.» Titulaire en Coupe de la Ligue, Malonga (36 minutes en L2 depuis son arrivée le 5 août) a surtout frappé fort quand il a refoulé les pelouses du Championnat, le 21 août, puisque, seulement treize minutes après son entrée en jeu, il a marqué et offert la victoire face au Red Star (2-1) d’un lob subtil du pied gauche.«Évidemment que ça fait plaisir, mais ça reste anecdotique que ce soit moi ou un autre qui ait marqué. L’important était de s’imposer à domicile, ce qu’on n’avait pas su faire depuis le début de la saison», commente-t-il avec discrétion, fidèle à son caractère.
Laval va tenter de confirmer cette belle tenue vendredi contre Metz. Un redoutable client pour s’étalonner. Malonga ne dispose pas encore d’indices pour savoir s’il débutera -Zanko ne dévoile son onze de départ qu’au dernier moment- mais, quoi qu’il en soit, son objectif est d’offrir à sa nouvelle équipe un plus dans le secteur offensif. «Je suis venu ici car le discours du coach m’a beaucoup plu. Il cherchait des joueurs de couloir capables d’animer offensivement», ce que le Franco-Congolais a souvent fait à gauche, et ce qu’il a fait aussi à droite face au Red Star. «Les joueurs de couloir sont libres, on a le droit de permuter. Comme tout entraîneur, Zanko veut un équilibre. Je suis entré pour jouer à gauche et j’ai finalement évolué à droite la plupart du temps. C’est de ce côté droit que j’ai pu marquer le but. Il n’y a pas de poste arrêté.» Qu’on se le dise, Malonga est bourré de bonnes intentions, paré pour réussir son retour et maître de son destin. «Tous les feux sont au vert, je suis bien mentalement et physiquement. Après… la balle est dans mes pieds.»
Source France Football