A moins d’une semaine d’affronter Lyon en Ligue Europa, Chris Malonga et Moussa Maazou (photo ci-dessus) racontent leur premiers pas à Guimaraes. Entretien avec les plus Français des joueurs du Vitoria.

 

Quelle sont les premières impressions de votre nouveau club, le Vitória de Guimarães ?

M. M. : C’est magnifique ! Je suis dans l’un des plus grands clubs du Portugal, avec un stade superbe. Je suis vraiment heureux d’être ici.

C. M. : Pour le moment, tout se passe bien. J’ai été super bien accueilli. On a un bon groupe et surtout, ça joue super bien au ballon. J’ai été agréablement surpris par le jeu. En France, lorsqu’on récupère le ballon, il faut attendre les trente derniers mètres pour que ça accélère. Ici, non, c’est du box to box. Le championnat portugais est un très bon tremplin. Rien que l’été dernier, Baldé a quitté Guimarães pour le Celtic, El Adoua est parti au Levante…

Pourquoi avoir choisi de rejoindre le Minho ?

M. M. : J’avais l’opportunité d’aller au Koweït mais je suis encore jeune. Je n’ai que 25 ans, j’ai plein de choses à prouver. Le Portugal est l’une des plus belles vitrines du monde. Un homme a été très important dans mon choix : Paulo Duarte. On s’était rencontrés lors d’un match entre le Niger et le Gabon. Je lui ai expliqué que ma situation avec l’Etoile du Sahel était compliquée. Il m’a convaincu de rejoindre le Portugal. Merci à lui.

C. M. : Je devais m’engager avec Bolton. J’y ai passé quelques jours mais un problème administratif lié à Bolton a fait capoter ma signature. J’avais des possibilités en Suisse où j’ai évolué la saison dernière (Lausanne-Sport). Le dimanche précédant la clôture du mercato, la Corogne s’est manifestée mais un encadrement de leur masse salariale a, là aussi, empêché mon transfert. En début d’après-midi, Guimarães s’est manifesté. J’ai su après qu’ils me suivaient depuis plusieurs mois. J’ai eu le temps d’effectuer quelques recherches sur le club et j’ai signé. Je connaissais le club, de nom et quand j’ai vu qu’ils avaient battu le Benfica en finale de la Coupe la saison dernière, qu’ils étaient qualifiés en coupe d’Europe, j’ai dit oui. Je sais que beaucoup de gens se sont interrogés sur mon choix mais je vis pleinement ma situation. Je suis heureux, ici.

Comment définiriez-vous le style de jeu de votre équipe ?

M. M. : On est capables d’aller très vite vers le but adverse : en deux, trois touches de balle. On possède des joueurs rapides sur les côtés.

C. M. : On est une équipe joueuse et accrocheuse à la fois. Un peu à l’image de nos supporters : on ne lâche rien. Il règne chez nous une grande solidarité.

Avez-vous déjà pu vos rendre compte de l’engouement généré par ce club ?

C. M. : Avant de venir, on m’en avait parlé mais je m’en suis vite rendu compte par moi-même. Pour mon premier match, on s’était donnés rendez-vous devant l’hôtel. Les gens klaxonnaient de partout. Une fois arrivé au stade, c’était énorme. Contre le Benfica, le stade était plein et presque entièrement voué à notre cause.

M. M. : C’est clair, les gens sont à fond derrière leur équipe. Il y a une réelle passion pour le foot ici et pour le Vitória.

Vous traversez une dizaine tendue : Benfica, Porto puis Lyon. Vous n’avez pas trop de pression ?

M. M. : Ce sont des rencontres de Coupe d’Europe et quand on est footballeur on vit pour ça.

C. M. : Il n’y pas de tension particulière. On aborde tous nos matches de la même façon, avec la même motivation. Face au Benfica, on perd 1-0 mais le 0-0 ou un succès pour nous n’aurait pas été illogique. On va à Porto pour gagner et on sera tout aussi à fond contre Lyon.

Que ressentez-vous à l’idée de retrouver la France, jeudi, prochain, à Lyon ?

M. M. : La France m’a tout donné. C’est elle qui a fait de moi un joueur connu mais mes propos y  ont été mal interprétés. On m’avait collé l’étiquette d’un joueur impoli, avec une mauvaise réputation. On m’a prêté des déclarations que je n’ai jamais eues. Je n’ai jamais dit que je me « battais les couilles » des supporters de Bordeaux. Ce n’est pas mon langage. Jamais je ne me suis comparé à Cristiano Ronaldo et Messi. Pourquoi je dirais ça ? Je suis conscient de mes limites. J’ai une qualité principale : la vitesse. Je ne suis pas technique comme eux. J’ai été mal interprété et ça a beaucoup fait souffrir ma famille. Mon père lisait les articles et ne me reconnaissait pas. Ma femme qui est française l’a très, très mal vécu. A un moment, j’ai même songé arrêter ma carrière…

C. M. : C’est surtout l’occasion pour la famille de venir nous voir jouer mais je n’ai pas d’attache particulière avec Lyon… D’une façon générale, je n’étais pas obsédé par un retour en France, cet été. Aujourd’hui, j’ai une situation sportive et personnelle confortable.

L’OL a connu un été mouvementé avec les faux-départs de Gomis et Briand. Voyez-vous Lyon comme une équipe affaiblie ?

M. M. : J’ai suivi leur défaite contre Evian et leur succès contre Nantes. Ils sont en train de s’améliorer. A Gerland, j’irai saluer Gomis. C’est un exemple à suivre. Il s’est retrouvé à jouer en CFA, sans broncher.

C. M. : Pour l’instant, on ne se pose pas trop de questions sur Lyon. On pense avant tout au match contre Porto. Comme toutes les grandes équipes, Lyon suscite des débats dès qu’elle enchaîne deux, trois matches sans victoire. Leur mercato a peut-être été… inhabituel mais ils ont de beaucoup de bons joueurs. On espère juste qu’ils ne vont pas se réveiller contre nous.

Contrairement aux équipes portugaises, on dit que les équipes françaises ne jouent pas la Ligue Europa à fond. Vous êtes donc du bon côté ?

M. M. : Les clubs français ont un peu plus de mal parce que c’est toujours difficile de jouer contre des équipes supposées plus faibles. Saint-Etienne est venu en match de préparation et elle a perdu contre nous. Elle ne s’attendait pas à ça. On va essayer de profiter des points faibles de Lyon. En tout cas, j’ai hâte. Quand j’entends la musique de la Ligue Europa… c’est magnifique !

C. M. : Je ne peux pas croire que les clubs français font l’impasse sur la Ligue Europa. C’est quand même une compétition européenne. Tu ne peux pas te battre toute l’année pour atteindre l’Europe et la négliger une fois que tu y es. Avec des matches tous les trois jours, il n’est pas incohérent qu’un entraîneur fasse tourner son groupe. Il tente d’apporter de la fraicheur.

Chris, on décrit souvent Moussa comme un personnage atypique. Il a été parfois été violemment critiqué en France. Comment le définis-tu ?

C. M. : L’image que les gens se font de lui est faussée en France. C’est un super gars, posé. Dès que je suis arrivé, il m’a mis à l’aise. Et puis, c’est un gros bosseur. Il travaille pour l’équipe, n’hésite pas à défendre. Et il marque !

Moussa, comment décrirais-tu Chris ?

M. M. : Tout d’abord, un super mec. Techniquement, très fort mais il défend trop… Je lui ai dit déjà ! Mais je suis convaincu qu’il va faire une très belle saison.

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