Tu as déjà scoré trois fois depuis le début de saison. Ce sont tes réflexes d’ancien attaquant qui ressurgissent ?

(Rires) J’ai commencé devant comme tout le monde. Puis, on te fait redescendre rapidement(rires). Vers 13 ans, on m’a fixé sur l’aile gauche. C’était la grande époque d’Auxerre, le 4-3-3 avec les ailiers collés à la ligne de touche. J’étais dans ce registre. Puis j’ai reculé d’un cran dans ma formation, car on jouait en 4-4-2. Quand j’ai commencé à jouer avec la première à Nancy, j’étais sur mon côté et j’ai réussi à marquer quelques buts. Ça fait du bien de retrouver le chemin des filets, surtout qu’on a enchaîné deux victoires.

Tu avais également marqué avec le Congo-Brazzaville récemment.

Juste avant la reprise avant Lausanne d’ailleurs. On avait gagné 1-0 contre le Niger. Mais si je peux finir le travail en ce moment, c’est parce qu’on me donne de bons ballons. Tout seul, je ne ferai rien.

Pour parler un peu de ta sélection, votre élimination contre l’Ouganda dans les qualifications à la CAN 2013 est surprenante vu votre victoire 3-1 à l’aller. Vous avez connu un traquenard à Kampala ?

Même pas. On s’est sans doute cru arrivé vu l’avance qu’on avait. Au final, c’est une énorme claque (4-0). Cette CAN était un objectif majeur, pour nous, le staff et tout le peuple. Perdre de cette manière, ça a été vraiment dur. On ne s’y attendait pas du tout. Mais tout le mérite revient à notre adversaire, qui nous a surpris et a été meilleur. On peut parler de tout ce qu’on veut, c’est le résultat qui a raison. Maintenant, on est premier de notre groupe de qualifications pour aller au Mondial 2014. C’est encore le début, mais on a pris les points. Cette élimination pourra peut-être nous servir lors des matchs à pression.

L’an passé, quand tu n’étais même pas dans le groupe à Monaco (Ligue 2), on imagine que la sélection était ton moment de répit. Le seul où tu pouvais t’exprimer…

Totalement. J’étais vraiment mal à Monaco. On ne se rend pas compte, mais ne pas jouer, être mis de côté, c’est dur. Je ne vais pas cracher sur le club, car ils ont fait une très bonne deuxième partie de saison et j’ai rencontré de supers personnes. Sauf que j’avais déjà pris une claque en descendant avec. Je reste et on m’écarte… Je suis quelqu’un marchant à l’affectif, qui a besoin de confiance. J’ai pu la trouver en sélection, mais ce n’était pas facile tous les jours. Cette situation me bouffait.

Venir à Lausanne répondait à ce besoin de confiance, d’amour ?

J’en avais besoin. Laurent Roussey me voulait vraiment, c’était primordial. Puis, je connaissais déjà le club. Matt (Moussilou) en parlait quand on se voyait en sélection. Je n’ai pas hésité longtemps et j’ai trouvé exactement ce que je cherchais. Ce n’est pas un hasard si je commence à monter en puissance et à me rapprocher de mon meilleur niveau. Puis, je voulais juste jouer au football. Je peux le faire, ça me rend heureux. Tout simplement.

Etant donné que tu avais eu des blessures et une saison totalement tronquée, n’avais-tu pas besoin d’un certain temps pour te sentir à 100% physiquement ?

Je savais qu’en venant ici, les débuts allaient être compliqués. J’étais en sélection, puis j’ai eu une semaine de vacances, ce qui m’a fait rater la préparation. J’ai quasiment attaqué directement le championnat et j’avais besoin de quelques matchs pour retrouver mon coup de rein, mes repères. Aujourd’hui, je me sens vraiment bien. Puis quand tu as la chance de jouer trois rencontres dans la semaine, ce n’est que du bonheur.

Pas de bobo avant d’accueillir le FC Bâle donc ?

Aucun. De la fatigue, mais on avait jeudi et vendredi pour bien se reposer et être frais demain. Franchement, même avec toute la fatigue du monde, tu fais abstraction contre Bâle. C’est le genre de matchs qu’on aime. Ce sera compliqué, mais on y croit. On a trouvé un certain équilibre entre l’attaque et la défense, avec une vraie solidarité. Tactiquement, on a réalisé de grosses performances. Tout le monde se parle et évolue dans son rôle.

Le retour de Gabri ne doit pas être étranger à cette meilleure transition entre la récupération et l’utilisation du ballon…

Evidemment. Tu vois tout de suite qu’il a joué à Barcelone (rires). En retrouvant son physique, il nous apporte sa qualité technique et son calme. Il a été parfait dans ce qu’on attendait de lui. Mais il y a aussi tous les autres joueurs, car on va à la guerre quand même (rires). Dès mes premiers entraînements, j’ai vu qu’il y avait de la qualité. Sauf qu’il faut du temps quand on met en place un projet. Et les résultats donnent raison à mes premières impressions. Que ça continue (rires) !